DETROIT + WILLIS DRUMMOND | Live-Report (Zénith, Pau, France, 08/11/2014)

[ Ce live signe un équilibre parfait entre la première partie révélation (les Willis Drummond) et la performance sans faute de Cantat et de son acolyte. Tout a été fait pour que les spectateurs puissent retenir le maximum de ce chef-d'oeuvre qu'est « Horizons ». ]

De retour dans sa ville natale, Pau, Bertrand Cantat et son nouveau projet duo intimiste dénommé Détroit, aux côtés du bassiste Pascal Humbert et d'autres musiciens anonymes, ont donné un concert qui promettrait d'ores et déjà de belles surprises... Tout commence alors, comme beaucoup de leurs concerts d'ouverture par ailleurs, avec un « Ma Muse », une première mise en bouche qui n'est autre que celle de l'album « Horizons ».

 

Les Basques de Willis Drummond avaient déjà bien mis le feu avec leur rock/grunge mélodique, puissant et énergique mais voilà que notre duo commence tout en douceur, en délicatesse et en poésie avec les paroles suivantes « ça m'amuse que tu sois ma muse dis moi si tu refuses le fluide ne s'use que si l'on en abuse et si ça m'use parfois ma muse ». 

Puis, ils enchaînent tout doucement avec le titre éponyme « Horizon » où l'on découvre vraiment un Bertrand Cantat qui semble se livrer et se vider de son passé, non sans une certaine émotion. La pièce est en elle-même très fouillée, témoignant d'un génie sans pareil avec des parties d'harmonica d'une rare profondeur faisant vibrer tout ce beau monde, et des refrains nous donnant matière à réfléchir (« cherche ton horizon, entre les cloisons »). Ceci se terminant sur un rock énergique et bien ficelé.

 

Le reste n'en est que plus alléchant puisqu'ils tentent de varier les plaisirs en alternant des titres du nouvel album et certains tubes de Noir Désir, même si les plus attendus viendront surtout en seconde partie du live avec les désormais célèbres « Un Jour en France » parfaitement taillé pour la scène ou encore « Le Vent Nous Portera » dans une veine plus folk-rock (rappelant assez du Louise Attaque, qui eux-mêmes, ont été influencés par Noir Déz il faut le rappeler). Mais encore une fois, les spectateurs deviendront fous à l'annonce d'un morceau comme « Un Jour en France ». Chaque riff produisant un effet tentaculaire sur les Palois qui accompagneront tout au long du titre Cantat sur les refrains, avec entrain et dynamisme.

Le "Noir Désir-revival" « Le Creux de Ta Main » mais aussi le fameux « Null and Void » empruntant certaines influences du côté de la pop Anglaise et notamment Placebo étaient très attendus ce soir. Détroit a eu l'occasion de jouer l'intégralité des chansons de son premier album, et même plus encore, passant volontiers d'une superbe reprise des Stooges (« Gimme Danger ») à une cover étonnante d'une oeuvre de Jacques Prévert façon rock. Mais si ce n'était que ça...

 

Nous avons eu droit, par deux reprises, à une improvisation détonante et heu... originale d'un titre que l'on pourrait désormais appeler  « Les Cigognes » mais qui n'a, pour ainsi dire, rien d’exceptionnel, sauf d'avoir été l'un de ces moments surprenants et exceptionnels que seul un live de Détroit pouvait nous offrir.

 

Comment cela est-il arrivé ? Un spectateur criait et voulait du « Tostaky », ce qu'il obtiendra par ailleurs, puis un autre, visiblement un peu chamboulé par la soirée ne cessait de répéter « Les Cigognes » ("un morceau" qui n'a jamais existé bien évidemment...). Alors soit, après quelques fous rires et une prise de parole amusante de Cantat, les gars ont improvisé un ou deux riffs et y ont intercalé, par dessus, des "paroles". Une interprétation comique, et pour le coup très théâtrale. Et comme il le dit si bien en rigolant: « Nous, faut pas nous cherchez ».

Artwork de l'album « Horizons » du duo Cantat/Humbert. 


En effet, le show paraît même plus rock que l'album studio qui a été composé auparavant, et si certaines pièces assumaient pleinement cette Chanson Française recherchée et étourdissante, en live, quelques-uns des morceaux ont pris une tournure très rock.

 

Seule la très courte « Droit dans le Soleil » se voulait plus posée et intimiste, avec cet excellent duo unissant Cantat à la guitare acoustique et un Pascal Humbert à la contrebasse, faisant sortir des notes très graves assombrissant de loin la pièce musicale.

Mais « Sa Majesté » aura également marqué les esprits, tant par ces textes et sa prestation que pour les superbes jeux de lumières que nous a offert le Zénith ce soir-là. Entre ce petit côté vieillissant, grésillant, cette ambiance un brin chaleureuse, ces refrains à la fois très modernes et mélodiques ainsi que ces solos marquants, nous étions déjà comblés...


Reste donc la seconde surprise de cette soirée, à savoir qu'après le passage d'un autre duo surprise (lui aussi) ayant livré une courte prestation d'un titre traditionnel Basque qui, d'après le vocaliste de Détroit, nous a hérissé les poils, et il n'avait pas entièrement tord, voici que les membres de Détroit et de Willis Drummond reviennent sur scène pour jouer un ultime titre, sans doute le plus à même de clôturer cette splendide soirée.

 

Une reprise du talentueux Neil Young « Hey Hey, My My », une première, avec neuf musiciens sur scène et pas moins de quatre ou cinq guitaristes qui se partagent l'espace. Entre solos, pirouettes, purs moments rock et de ce fait, un bon retour aux classiques qui fait du bien à voir et à entendre ! 

Post-Scriptum: Toutes les prises de vues live sont signées Rodolphe Lamothe, hormis les autres photos ainsi que le contenu des vidéos trouvé sur différentes chaînes Youtube.

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