MMM.... COOKIES | Sweet Hamster Like Jewels from America ! (2008)

[ Malgré la présence d'un chevalier-éléphant, d'un bateau-cookies et d'un cactus-parlant, vous n'aurez nullement affaire à un album épique... ]

N/20

Non mes amis, il est hors de question que l'ensemble du groupe Linkin Park ne cautionne et ne se porte garant de cette oeuvre immonde réalisée par deux clodos bouffeurs de drogues hallucinogènes... Et à moins d'être complètement timbré et de vous procurer cet objet par pur amour pour vos idoles ou parce qu'au pire, il s'avérerait que vous faîtes partis des proches de Chester ou de Mike (ne sait-on jamais?) - personne ne vous obligera à prononcer le nom de ce « Sweet Hamster Like Jewels from America! ». Alors oui, il y aura toujours des petits malins pour vous faire remarquer qu'il aurait plutôt fallu voir cet objet comme un retour aux sources du monde hippie, de l'inconscience et de l'innocence mais que de baratins... De toute façon, rien n'y fait, les Mmm...Cookies assument parfaitement ce qu'ils font, quitte à donner une image d'eux bien loin d'être fameuse, au vu de l'attitude peu glorieuse dans laquelle ils baignent tout au long de cette galette (qui, rappelons-le, succède à « Minutes to Midnight » dans l'historique de leurs albums). Bref, nous avons écouté cet EP cent fois, cent fois avant d'imaginer ce qu'aurait pu provoquer la sortie d'une seconde immondice sans nom comme celle-ci. Bonne chance pour vos oreilles.

 

Tout d'abord, il faut savoir que la saga des « LP Underground » a commencé dès la sortie de « Hybrid Theory » en 2000. Destinées à la base au "fan-club", ces petites productions servaient essentiellement, du moins sur les premiers volets, à promouvoir des démos ou des morceaux affiliés au groupe et qui n'étaient présents sur aucun autre album (comme le rap de « Step Up » ou bien des morceaux néo plus sombres comme « Carousel » par exemple). À partir de « Meteora », du fameux « Live in Texas » et du frisbee avec Jay-Z, les Underground serviront surtout à balancer des titres live, amoindrissant ainsi l'impact de ces productions confidentielles. Quant aux derniers volets, ils se contenteront de refaire sortir d'énièmes vieilles démos (avec une poignée de titres plus récents) ou autres remix. Il y a eu douze « LP Underground ». Et de tout cela, c'est l'épisode huit qui nous a grandement intéressé, ne serait-ce que pour sa pochette témoignant d'une violence inouïe (limite gore) et sans doute inspirée par les grands noms du grind.

 

"Inattendue" - voilà ce que voulait ressentir Mike pour ce huitième opus, situé à mi-chemin entre le moyen « Minutes to Midnight » et le controversé « A Thousand Suns » (pour lequel certains sons électroniques de cet EP se rapporteront dans le futur). Encore une fois, tout commence par une pochette. Les êtres les plus déchirés de la dernière rave n'arriveront probablement jamais à se représenter un tel capharnaüm d'images toutes plus saugrenues les unes que les autres. Rien ne pourra justifier ce montage hallucinogène, indigne de paint, et parmi les plus kitsch existants. Ensuite, il y a le nom. Là encore, pouvoir justifier un « Sweet Hamster Like Jewels from America! » sous le pseudonyme de Mmm...Cookies paraît bien difficile. Enregistré à la maison, au Machine Shop Recordings donc, ce délire a curieusement une production plutôt niquel. Il n'en fallait pas moins pour arranger un vieux synthé, une guitare désaccordée et un duo de voix, tout simplement anti-mélodique à souhait et sentant la villageoise à plein nez. Seul Mike Shinoda et Chester Bennington semblent être présents et après tout, au vu du résultat...

 

« Un biscuit, ça n'a pas d'esprit, c'est juste un biscuit. Mais avant, c'était du lait, des oeufs. Et dans les oeufs, il y a la vie potentielle. » a déclaré l'immense philosophe Jean-Claude Van Damme. Parce que derrière Mmm...Cookies voyez-vous, il y a des hommes sortis de leurs coquilles, avec tout un tas de choses à revendiquer (vous vous ferez votre avis pour le lait, hein...). En tout cas, la plaisanterie venant tout juste de débuter, nos deux zouaves rentrent dans la peau d'un human beatbox puis nous font part de l'apparition magistrale d'un solo de trompette ; riche, complexe et tout en finesse (aux alentours des 0:08 secondes). Absurde ? C'est pourtant bien un duo de multi-millionnaires en plein pétage de plomb que nous avons là, qui s'amuse à singer Michael Jackson (« You Ain't Gotsa Gotsa ») ou qui nous réapprend les rudiments de la six cordes sur « Da Bloos » avec une dextérité impressionnante et une conviction telle qu'on en oublierait presque l'existence de John Lee Hooker ou de Chuck Berry dans l'histoire du blues. Histoire de bien insister comme il faut dans son délire, le supergroupe nous gratifie également d'un punk à chien avec un « PB N' Jellyfish » digne de nos premières compositions au sein d'un groupe dont le premier concert -s'il a tenu jusque-là- a été organisé par une association de quartier avec un public et des potes hypocrites prétendant que vous êtes le meilleur groupe du monde, papa-maman avec leur foutu caméscope etc... Que de souvenirs... Néanmoins, s'il fallait trouver un intérêt à ce « Sweet Hamster Like Jewels from America! » - ce serait sûrement de lever la honte qui hante tous les musiciens recalés par leur radio locale.

 

En attendant que le poids artistique de ce duo de timbrés n'atteigne des sommets, ils s'occupent désormais à parodier du grunge. L'apogée du ridicule est maintenant à son comble lorsque retentissent les paroles de la ballade suivante « I wish my name was bubbles, bubbles... ». Traduction : j'aimerais que mon nom soit Bubbles. Interprétation : des lyrics profondes et touchantes. Car, le chant de Chester y est plus entraînant que jamais, engagé, captivant, et même plus que ça tellement le gars paraît sincère dans sa démarche et met du coeur à l'ouvrage. Ah ça oui, la nostalgie des années 90' - tu la sens bien passer au travers de la gorge mais ne riez pas, notre Chester a bel et bien fait partie d'une formation de cet acabit (plus sérieuse certes) nommée Grey Daze dont l'activité s'était étalée du début jusqu'à la fin des nineties. Mais même après, en 2008, sur « Songs from the Underground » - les Linkin Park avaient rejoints les rangs de Chris Cornell (Soundgarden) pour interpréter un classique du mouvement répondant au nom de « Hunger Strike ». Dans un style relativement similaire, « No Laundry » arrive également à tirer son épingle du jeu grâce à l'apport d'un petit « BITCH! » bien placé en fin de titre qui devrait mettre d'accord petits et grands. Immanquablement, il y a l'avant et l'après « Sweet Hamster Like Jewels from America! ». Déjà, parce que les Mmm...Cookies ont eu l'intelligence de rapprocher le cactus de la pochette (qui est censé représenter le désert et la chaleur) avec un titre à la « Da Bloos » qui est en fait une sorte d'Adèle version western et puis... reste le single-phare (et attrapes!) que nous évoquerons plus en détail. Enfin, le plus drôle étant que les LP reprendront un titre de celle-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom trois ans plus tard au iTunes Festival London 2011, mais ça, ce n'est rien comparé à la soupe qui vous attend après...

 

Cette œuvre magistrale qu'est « Sweet Hamster Like Jewels from America! » se conclue donc sur un des morceaux parmi les plus recherchés et travaillés de l'histoire de la musique, j'ai nommé le très électrique « 26 Lettaz in da Alphabet ». Les paroles sont d'une intelligence rare, et je ne parle pas de l'orthographe du titre... Sérieusement, nous avons à faire à trois minutes de gratouillage de guitare acoustique sans originalité, aucune, doublé d'une voix faussement enjouée (ou peut-être sous l'effet de substances illicites) et terriblement agaçante. De plus, avec ses trois minutes trente-quatre, c'est de loin le titre le plus long de l'opus, ce qui en fait le "single" probable de cet EP, et de loin le plus classe avec son pseudo-club-dance/R'N'B à la noix... Dans tout les cas : à balancer en fin de soirée lorsque les derniers invités auront finit de régurgiter leurs restes. Et dans ce cas, peut-être pourra t-il percer dans les charts, en effet.

 

On ne va pas vous faire un dessin (quoiqu'on ferait difficilement pire que la fameuse pochette), n'écoutez ce disque sous aucun prétexte, à moins de masochisme. Vous n'y trouverez aucun esprit musical, aucune mélodie attachante, rien de bien passionnant. Quelques fous rires les premières fois peut-être, mais surtout, surtout, de la consternation. Heureusement que ce "machin" est resté peu connu du grand public et surtout un objet humoristique, sinon je ne donnerais pas cher de la popularité de Linkin Park. Cependant, malgré nos critiques acerbes, ce « Sweet Hamster Like Jewels from America! » possède un immense avantage : celui de ne durer que dix minutes. Si nous avons bien voulu perdre chacun ces dix minutes pour vous offrir cette chronique, pas besoin pour vous de vous donner la peine de décortiquer cet EP en profondeur : tout est dit. Malgré la présence d'un chevalier-éléphant, d'un bateau-cookies et d'un cactus-parlant, vous n'aurez nullement affaire à un album épique, désolé de vous décevoir, ou du moins, pas de la façon dont vous l'entendez...

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