CHRISTIAN ANDREU | L'Interview (2016)

« C'est un honneur d'être invité en tant que parrain et de revoir les gens qui nous faisaient jouer. Quelque part, c'est une sorte de consécration de quinze ou vingt ans de travail. »

 

 

 

A la fois guitariste de renom chez Gojira depuis 1996 et ancien intervenant pour la Familha Artús, en parallèle, CHRISTIAN ANDREU s'impose une tournée intensive de masterclass dans toute la France. Le hasard fait bien les choses puisqu'avec sa formation principale, il devrait sortir son sixième opus studio du nom de « Magma ». A l'occasion de la première édition du GroFest dont il est le parrain, j'en ai profité pour m'entretenir quelques minutes avec ce musicien talentueux et sympathique.

- Salut ! Puisque tu as assisté à la première journée du GroFest hier, qu'en as-tu pensé ?

 

Christian : J'ai trouvé qu'il y avait du monde et que beaucoup de gens se sont déplacés. Pas seulement des metalleux mais aussi des curieux et ça fait plaisir de voir ce mélange-là. Je pense que c'est un bon premier festival et que ça risque de grossir encore.

 

- C'est la deuxième fois que tu viens à AMPLI pour animer une masterclass. Qu'est-ce que t'apporte cet exercice en tant que guitariste expérimenté ? 

 

Christian : Moi, ce que j'aime dans cette démarche des masterclass, c'est de présenter la technique que j'utilise dans mon jeu de guitariste chez Gojira, surtout par rapport à la rythmique metal et à la tenue du médiator. Ça me permet de faire autre chose que des tournées et de l'enregistrement. Je suis directement confronté aux fans et j'échange avec eux. Ça m'éclate. 

 

- Si mes souvenirs sont bons, avant d’acquérir cette renommée avec Gojira, au début de votre carrière, vous êtes venus jouer plusieurs fois à La Route du Son. Par exemple, il y a dix ans, en 2006, un an après l'album « From Mars to Sirius », on a pu vous voir sur scène avec Hypnosà l'occasion du festival AMPLItude. Aujourd'hui, quelle sensation ça te procure d'être le parrain du GroFest soutenu par l'association AMPLI ?

 

Christian : C'est un honneur d'être invité en tant que parrain et de revoir les gens qui nous faisaient jouer. Quelque part, c'est une sorte de consécration de quinze ou vingt ans de travail. 

Crédits photo : Droits réservés

- Mêler des groupes émergents et qui progressent dans la scène metal Française tout en conservant des têtes locales, tu penses que c'est la recette idéale pour faire perdurer le festival ?

 

Christian : Pour que les festivals se reproduisent, grossissent, c'est sûr qu'il faut des têtes d'affiches avec des groupes qui ont déjà une certaine renommée pour attirer les gens. Après, en première partie, mettre des groupes locaux, c'est une bonne sauce !

 

- Justement, par rapport à l'affiche proposée pour cette première édition, musicalement, comment définirais-tu le positionnement du GroFest au niveau des styles ?

 

Christian : Là, c'est clairement metal. Après, ça dépend du groupe en lui-même. Je ne mettrais pas un style sur un festival car Hypnose va être différent de No Return ou de Klone par exemple.

 

- Toi qui es originaire des Landes, avant la création de ce festival, ne ressentais-tu pas un manque d'événements autour de la culture metal en Aquitaine si l'on compare avec la partie Nord de la France où le Hellfest et le Motocultor ont pris leurs marques ?

 

Christian : Oui, c'est sûr que l'Aquitaine, c'est pas la région qui bouge le plus en France. C'est surtout dû au manque de salles en fait. Il y en a une ou deux à Pau, après, il faut partir sur Biarritz à l'Atabal, à La Gespe à Tarbes ou alors sur Mont-De-Marsan, mais avec le temps, ça va en s'arrangeant. 

Affiche officielle du "GroFest" (2016)

- Avec Gojira, vous êtes en train de préparer un nouvel album, « Magma », qui succédera à « L'Enfant Sauvage » sorti en 2012. D'après ce que j'ai compris, il sera plus direct mais est-ce que pour autant, vous délaisserez complètement votre patte technique et ce côté progressif ?

 

Christian : Pour le coup, ce sera vraiment quelque chose de nouveau, de plus mélodique avec plus d'ambiances. C'est court, efficace, émouvant, dansant mais aussi plus léger dans l'écoute.

 

- D'ailleurs, vous avez renouvelé le contrat avec Roadrunner. Je suppose que vous étiez satisfaits de la promotion du précédent album ? 

 

Christian : Oui, ils bossent super bien, ils sont motivés et ce sont des musiciens qui en veulent vraiment, qui connaissent le métier depuis longtemps. Ils nous prennent plus au sérieux qu'au début et ça fait du bien.

2012

2016


- Avant de terminer l'interview, si tu devais convaincre les gens de préférer le GroFest à un autre festival, qu'est-ce que tu pourrais leur dire ?

 

Christian : J'ai juste envie de leur dire de venir et de se bouger quel que soit le groupe qui joue. Je sais que j'ai tendance à souffler un peu quand il faut faire une ou deux heures de route mais finalement, je m'aperçois que c'est justement ce qui fait que les festivals continuent d'exister. Souvent, il y a des groupes pour lesquels on ne va pas faire la démarche d'aller les écouter mais quand on les voit en live, il se passe quelque chose. Venez au GroFest et bougez-vous !

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