NAUAR | L'Interview (2016)

« Ce que j'apprécie avant tout dans le black metal, c'est plus les ambiances, l'atmosphère. Je compose à l'instinct, c'est vraiment de l'autodidaxie et je n'ai pas de styles à copier même si j'aime des groupes comme Immortal ou Gorgoroth. »

 

 

 

 

Lancé en tant que simple projet solo depuis 1998, NAUAR est aujourd'hui devenu un groupe à part entière œuvrant dans un black/death mélodique torturé et underground. Leur dernière sortie remonte en 2013 avec le DVD « Ad Vitam Aeternam », souvenir d'un live crasseux à Montpellier. A l'occasion de leur passage au GroFest, Arnaud (fondateur du combo, chant et guitare) et Pat (batterie) ont bien voulu partager quelques anecdotes sur leur formation autour d'une petite interview.

- Salut ! Hormis le DVD du concert à Montpellier que vous avez sorti en 2013 qui s'intitule « Ad Vitam Aeternam », est-ce qu'actuellement, vous travaillez sur de nouvelles compositions en vue d'un prochain album studio ?

 

Arnaud : On a fait une démo en 2010-2011, « Abyss Experience », avec quatre titres. Après, on a déjà des compositions. Il nous manque juste les moyens financiers pour rendre la sortie effective. D'ailleurs, on en a fait deux nouvelles ce soir qui n'ont jamais été jouées en live et une autre qu'on n'a pas rejouée depuis trois ou quatre ans donc on se remet petit à petit dans le bain. Toujours au travail ! 

 

Pat : On est en pourparlers par rapport à la façon de l'enregistrer, mais on y pense. À la limite, si l'album est repoussé pour quelque chose d'un peu plus professionnel, on pourra refaire une démo plus propre que ce que l'on avait déjà ou alors un mini-CD avec plus de titres.

 

Arnaud : Des titres, on en a en pagaille. On aurait de quoi faire au moins deux petits albums.

 

- Sur votre page Facebook, j'ai cru lire que vous étiez en recherche active d'un label. Où ça en est ?

 

Pat : En recherche active non, c'est pas l'objectif premier. On est vraiment là pour se faire plaisir tous les trois et on compose, même si c'est vrai qu'on a eu un petit temps d'arrêt. Par contre, on en revient à l'enregistrement, c'est-à-dire qu'il nous faudrait un support plus pro, au moins pour les cartes de visite. 

 

Arnaud : Moi, j'ai déjà fait des demandes mais en fait, notre style ne les intéressait pas.  

Crédits photo : Droits réservés

- En regardant votre discographie, je me suis demandé si comme l'indiquait la production « Immortal Ayatollah (The Djihad Just Begun) » publiée en 2003, vous traitiez de thématiques religieuses dans vos textes. 

 

Pat : A ma connaissance, pas du tout (rires) ! Le style est black, on peut l'associer à plusieurs choses mais nous, on prêche absolument rien.

 

Arnaud : En fait, en même temps que je démarrais Nauar en solo, je jouais avec un autre groupe en 2001-2003, d'où le projet d'album « The Djihad Just Began ». A la base, le jour des attentats, on a décidé de s'appeler Immortal Ayatollah et mon ancien guitariste-chanteur avait fait des textes humoristiques et un peu provocateurs par rapport à ça. On peut pas dire que ça ait mal tourné mais on avait monté un site et on recevait près de 500 000 vues par jour, plein d'insultes et des menaces de mort de la part des fachos. Ensuite, ça a été fermé par internet.

 

- Un split a vu le jour en 2012 avec le groupe Transnational Dying Phallus du nom de « Teach Them to Die in the Name of Satan ». Peut-on en savoir plus ?

 

Arnaud : Justement, c'est mon ancien gratteux d'Immortal Ayatollah. L'occasion s'est présentée, il nous a contactés pour mettre des morceaux et puis c'est un super pote à moi. Il aime ce qu'on fait, donc c'est pas pour le vendre ou quoi que ce soit : c'est un souvenir. Comme j'ai aussi fait partie du groupe à l'époque, le côté boîtes à rythmes et underground nous plaisait bien. 

Artwork de l'album « The Djihad Has Just Began » d'Immortal Ayatollah (2002)

- Qu'est-ce qui vous intéresse dans le black : le côté technique ou bien la recherche de la mélodie ?

 

Arnaud : C'est plutôt un état d'esprit. J'ai pas cette prétention de jouer d'une façon très technique. Ce que j'apprécie avant tout, c'est plus les ambiances, l'atmosphère. Je compose à l'instinct, c'est vraiment de l'autodidaxie et je n'ai pas de styles à copier même si j'aime des groupes comme Immortal ou Gorgoroth.

 

- Du coup, ça va faire presque 20 ans que le groupe existe. Par le passé, y-a-t-il des dates qui vous ont marquées, des festivals ou des shows à l'international qui vous restent en tête ?

 

Arnaud : On a joué dans une chapelle à Saintes, deux fois au Secret Place à Montpellier, avec Borgne ou encore itSELF qui était un groupe Brésilien de death. Ensuite, on a ouvert pour Hypnose et Gojira à AMPLI en 2006 avec l'ancien line-up puis en 2010 pour Aesthesia, une formation de hard-rock à la Guns N' Roses. C'est très dur de jouer à l'étranger, les associations n'ont pas trop d'argent et tant qu'ils nous offrent le logis, la bouffe et l'accueil, c'est suffisant. Les bars, on ne peut même plus y jouer car ça fait trop de bruit. Il n'y a pas des festivals comme ça (ndlr : le GroFest) tous les quatre matins non plus ! C'est bien de faire des dates à l'extérieur parce qu'on ne peut pas en faire dix dans la même ville.

 

Pat : On aime bien prendre la route. Quand on en a eu l'occasion, on l'a fait, même à perte. C'est un bonheur de partir un jour ou deux. C'est une expérience, on rencontre des gens.

Crédits photo : GWENN

- L'interview est terminée, merci. N'hésitez pas à vous exprimer, c'est le moment !

 

Pat : Merci à Grorr et au GroFest de nous avoir fait participer ! On avait un gros son, bien chaud. Je suis toujours stressé mais j'ai bien pris mon pied quand même. 

 

Arnaud : Si ça doit se reproduire, ce sera l'occasion de faire un peu de publicité pour AMPLI et le GroFest, ce que j'espère. Il n'y a pas de raisons.

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