GLASGOW COMA SCALE | L'Interview (2016)

« On aime bien mélanger des univers qui sont assez éloignés puisqu'on écoute énormément de musique de manière générale. Nos influences vont de Massive Attack à Benighted en passant par Anaal Nathrakh. On ne se fixe aucune limite. »

 

 

 

Nouvel arrivé sur la scène metal Toulousaine, GLASGOW COMA SCALE pratique une musique aux multiples facettes, coincée quelque part entre progressif, djent, death et atmosphérique. Leur venue au GroFest a une résonance toute particulière puisqu'il s'agit de leur premier show dans leur formation actuelle comprenant pour le moment cinq membres. A cette occasion, Anthony Lassus (chant) et Thierry Sotiropoulos (guitare) ont accepté de venir partager leurs impressions sur la soirée et faire un petit point sur leurs projets à venir autour d'une interview. 

- Salut ! Il y a quelques jours, avant le festival, vous veniez de dévoiler le tout premier morceau de Glasgow Coma Scale, à savoir « At Least ». Qu'est-ce que vous ressentez ?

 

Anthony : C'est marrant parce que ce titre s'est dévoilé un peu par hasard, c'est pas la version définitive. C'est Sylvain de Grorr qui a mixé notre EP et il se trouve qu'à l'approche du festival, il y avait une diffusion radio de tous les groupes donc on s'est dit que le moment était venu.

 

Thierry : Vu que Sylvain connaissait nos compositions et qu'on avait déjà joué ensemble dans un autre groupe avec lui, j'imagine qu'il nous faisait confiance (rires)

 

- Vous êtes un groupe assez jeune, pourtant, en vous écoutant, on sent déjà une certaine aisance et une expérience particulière dans votre jeu. Avant de créer la formation, aviez-vous participé à d'autres projets musicaux ?

 

Thierry : Avant, on jouait dans Scream For Origin qui était un groupe un peu fourre-tout, mais plus death. C'était plus de la voix grave, on ne cherchait pas vraiment les effets même s'il y avait des débuts d'ambiances. On était basé sur Pau et lorsqu'on a déménagé pour les études et le travail, on a remonté un projet avec d'autres membres tout en gardant une certaine base avec le batteur et le chanteur. En parallèle, il y a Julien, l'autre guitariste, qui fait partie d'As The Storm. Ils sont de Bordeaux et vont sortir leur deuxième album. Ça va défoncer je pense car c'est le batteur de Klone, Morgan, qui les a enregistrés. 

 

- Mêler le côté extrême à un chant clair plus ancré dans le metal progressif, c'est quelque chose que vous souhaiteriez approfondir davantage dans votre futur premier album ? 

 

Anthony : J'aimerais beaucoup faire ça ! En fait, quand j'ai commencé le growl et le scream, je faisais énormément de graves et avec ce groupe, on essaie d'aller plus vers l'ambient. Pour instaurer une atmosphère malsaine, le chant clair porte vraiment bien. 

 

Thierry : On aime bien mélanger des univers qui sont assez éloignés puisqu'on écoute énormément de musique de manière générale. Nos influences vont de Massive Attack à Benighted en passant par Anaal Nathrakh. On ne se fixe aucune limite.

Crédits photo : MAUD COLLETER

- Je me posais une question. Même si ce n'est pas à proprement parler un genre ni même un sous-genre, le "Djent" vous inspire-t-il dans vos compositions ? Est-ce une influence que vous revendiquez ?

 

Anthony : On écoute tous du djent, on est tous fans de Meshuggah ou de Periphery, après, ce son, on ne l'a pas forcément dans notre musique. 

 

Thierry : On ne compose jamais en fonction d'une étiquette mais plus par rapport à l'ambiance que l'on souhaite mettre. Là, c'est un concept-album qui parle d'un mec qui crève et qui passe par les cinq stades du deuil. On ne se dit pas qu'on veut faire du death, du djent ou du post-core, on se demande simplement ce qui pourrait coller à l'atmosphère.

 

Anthony : La première étape du deuil, c'est le choc, le déni, donc pour la première composition, il fallait être très violent. Ensuite, il y a la colère, c'est-à-dire une sorte de violence brute avec un morceau plus death puis le marchandage avec quelque chose de plus catchy, de plus mélodique et enfin, la dépression et l'acceptation. 

 

- Justement, pour en revenir au titre « At Least », de quelle étape est-il extrait ?

 

Anthony : « At Least », c'est le marchandage. C'est un mélange de tous les autres morceaux. On a pris un peu des deux premiers et des deux derniers titres. Que ce soit les rythmiques, les ambiances et les mélodies, tout se retrouve dans une seule et même chanson.  

 

Thierry : C'est notre pièce du milieu, il fallait qu'elle soit influencée par les quatre autres compositions. Dans une certaine mesure, c'est celle qui nous représente le mieux à l'heure actuelle.

 

- Pour illustrer ce morceau, sur votre Bandcamp, vous avez posté la pochette de l'album. Qu'est-ce qu'elle représente exactement ?

 

Anthony : Pour l'instant, c'est pas vraiment la pochette de l'album. C'est un simple visuel. Dans l'histoire, au niveau des paroles, c'est un homme qui se noie dans un lac et qui fait son propre deuil. C'est une sorte de métaphore de la mort. Il décrit tout ce qu'il voit dans ce lac et il y a une sirène qui est là pour l'accompagner.

Visuel tiré de leur premier cinq-titres

- Si j'ai bien compris, pour l'instant, vous êtes en auto-production. C'est bien ça ?

 

Anthony : Plus ou moins, c'est Sylvain qui nous mixe. Après, c'est nous qui enregistrons chez nous, à la maison. Par exemple, pour le chant, on allait à mon boulot afin que je puisse enregistrer mais il y avait une échéance car le local allait être détruit deux jours après les dernières prises... En fait, on a fait plein de choses au dernier moment.

 

- A long terme, travailler avec un label, ça vous plairait ?

 

Anthony : Franchement, ce serait avec plaisir. C'est un peu le rêve de tous mais on attend d'avoir un peu plus d'expérience.

 

Thierry : On fait une musique d'amateurs, mais au sens noble du terme. On est des amoureux du metal et on monte des groupes depuis qu'on a l'âge de tenir une guitare !

 

- Je suppose qu'avec la musique que vous pratiquez, le visuel prend une place assez importante dans votre groupe. Y-a-t-il des clips en préparation ?

 

Anthony : Ça va arriver ! En fait, c'est moi qui vais faire le clip. Je bosse dans la vidéo, c'est mon métier donc on va essayer de sortir quelque chose de propre avec le moins de moyens possible. Ça va être un mélange d'animation et de prises de vues. Ce qu'on aimerait faire aussi, c'est jouer en live avec un vidéo-projecteur et des visuels très travaillés. 

 

Thierry : Comme tu dis, c'est vrai que l'aspect visuel, le côté scénique, on a vraiment envie de le creuser, d'aller plus loin.

Crédits photo : MAUD COLLETER

- Après le GroFest, avez-vous prévu d'autres dates ? 

 

Thierry : Pour l'instant, on n'a rien du tout. Prochainement, on va prendre un nouveau membre dans le groupe pour faire tout ce qui est machines, claviers et samples. On va se mettre à composer un nouvel album d'ici la semaine prochaine. Entre temps, on va quand même essayer de démarcher les salles Toulousaines mais c'est assez dur car la moitié des contacts qu'on a sont sur Pau.

  

- Merci d'avoir accepté cette première interview et bonne route à Glasgow Coma Scale  ! Pour terminer, un dernier mot peut-être ?

 

Anthony : Un gros bisous aux gens de Grorr qui ont fait ce festival sur Pau !

 

Thierry : Bonne continuation au chanteur de Grorr pour la suite, c'était énorme ! Pour un premier concert, on est plutôt content. Les retours étaient très positifs, pourtant, on a des samples qui ne marchaient plus. Sur certaines chansons, il manquait le piano, des cordes et des grattes en plus mais on est très heureux. On l'a pensé pendant tellement longtemps ce concert... Du coup, c'est vrai qu'on tremblait un peu (rires).

Écrire commentaire

Commentaires : 0