PSYGNOSIS | L'Interview (2016)

« Notre but, c'est de reconnaître Psygnosis dans les œuvres d'Okiko et inversement. C'est une collaboration à vie, un travail d'équipe. On a un univers qui est un peu science-fiction et où il y a une certaine mélancolie alors avoir un visuel qui reste cohérent, ça me semble essentiel. »

 

 

Originaires de Lyon et de Mâcon, le combo propose une musique instrumentale sans batterie et sans la moindre trace de chant alternant metal expérimental, progressif voire électro. Des guitares, une basse, un violoncelle, des samples. A l'occasion de la première édition du GroFest, PSYGNOSIS est venu défendre son nouvel EP-vinyle deux-titres « Aaliens ». Rencontre avec Remi Vanhove (guitare, samples, composition), Jérémy Tissier (basse), Anthony Mouchet (guitare) et Raphaël Verguin (violoncelle).

 

- Salut ! A priori, j'ai cru comprendre que vous deviez tourner en Turquie avec le groupe Khynn mais que la rencontre a été annulée suite aux attentats de Novembre. Une date de remplacement à l'étranger est-elle déjà prévue ?

 

Jérémy : C'est reporté, c'est sûr, à condition que le pays n'explose pas en entier (rires) 

 

- On peut souligner que la formation a beaucoup évolué depuis ses débuts. Raphaël tenait le violoncelle dès le premier album « Anti-Sublime » en 2012 (cf. « Loozing Zeppelin ») mais avec la sortie de votre nouvel EP « Aaliens », il est vraiment devenu un élément central de la bande et non plus un simple intervenant. C'est parti de quoi, d'une envie de se renouveler ?

 

Jérémy : En fait, on a eu un premier chanteur. Humainement et techniquement, ça ne suivait pas. Après, il y a eu Yohan qui a eu des problèmes qui étaient au-delà de sa volonté et de la nôtre : il a été obligé d'arrêter. Du coup, on a eu Renato de God Damn et de Flayed en remplacement pour quelques dates. Par la suite, on a un pris une sorte de virage avec les propositions de plusieurs grands bonhommes dont un en particulier qui nous a étonnés par sa non-réponse alors qu'au début, il était super motivé... Vu que le virage était déjà enclenché, j'ai eu l'idée de proposer une alternative instrumentale parce qu'on connaissait Raphaël depuis plusieurs années et qu'il était souvent crédité en tant que guest musicien. J'ai suggéré au reste du groupe de s'ouvrir un peu l'esprit et comme on fait un truc assez bizarre, ça n'a pas mis bien longtemps pour que ce soit validé. Dès la première répétition, on savait que ça matcherait.

 

- A terme, est-ce que vous envisageriez de tirer définitivement un trait sur le chant en continuant juste d'intégrer des samples ou bien vous n'excluez pas l'hypothèse d'ajouter des featurings dans vos titres ?

 

Anthony : Je pense que t'as pu voir qu'à travers tout ce qu'on a sorti, on ne s'est jamais vraiment donné de limites. Rien que le fait de ne pas avoir de batteur mais plutôt des samples, et maintenant un violoncelliste. On ne ferme pas la porte même si on ne va pas dire qu'on prendra un chanteur. Qui sait, peut-être qu'un jour, on fera un guest avec quelqu'un si on a un coup de cœur ou s'il y a une originalité et que ça colle à la composition. 

Crédits photo : ARTHUR OB 

- Sans la présence d'un chanteur sur scène, comment faites-vous pour jouer vos anciens morceaux en live ? Du coup, est-ce que vous vous concentrez exclusivement sur vos nouvelles compositions ?

 

Jérémy : Ça a été réadapté. Sur sept dates, il y a eu une à deux chansons du prochain album qui n'est pas encore sorti. En fait, tout dépendait du set. Ensuite, on retrouve les morceaux « FIIIX 3.0 » et « Man ov Steel » qui proviennent du dernier EP. On a également joué « Resurrection » qu'on avait publié en vidéo sur YouTube en version live avec le violoncelle et pareil pour « Phrase 6 » et « Drowning ». 

 

- Du coup, j'imagine que vous êtes contraints de varier votre instrumentation dans vos compositions pour éviter au public de "s'ennuyer" ?

 

Rémi : Non car la méthode de composition n'a pas du tout changé. Quand je compose, je fais en sorte qu'on puisse écouter le morceau et l'apprécier sans qu'il y ait de chant ou même de violoncelle. Il n'y a pas eu de réelles différences. On reste longtemps devant l'ordinateur et on réfléchit correctement à la manière de structurer le morceau. On écoute régulièrement les titres et on sait immédiatement lesquels il faut jeter ou garder.

 

- Vous avez donné une troisième suite à la série des « FIIIX ». Pourquoi ce choix ?

 

Rémi : Vu que le line-up de Psygnosis évolue et que « FIIIX », c'est un peu notre morceau phare, on s'oblige à le ré-adapter à chaque nouvelle évolution du groupe. Il y aura forcément une version quatre ou cinq. De toute façon, on ne compte pas laisser nos titres mourir, on veut les faire constamment évoluer. 

 

Anthony : Il n'y a pas que « FIIIX » qui a évolué en plus. Par exemple, « Loozing Zeppelin » a trois versions, « Drowning » en a deux et même chose pour « Resurrection ». Du coup, ce n'est pas le seul morceau.

 

- Aujourd'hui, vous tournez à peu près à une production chaque année en maintenant votre activité de manière très constante alors ma question est la suivante : avez-vous reçu des offres de la part de labels, des propositions ?

 

Jérémy : On y travaille, la porte reste ouverte ! De toute façon, aujourd'hui, c'est plus possible car ça devient trop lourd à gérer seul même si jusqu'à maintenant, on pouvait le faire et c'était dans nos compétences extra-musicales. Du coup, il faudrait qu'on s'entoure d'une équipe un peu plus professionnelle. C'est un objectif.  

Artwork de l'EP « Aaliens » (2015)

- Je pense qu'il est intéressant de parler du travail d'Okiko qui réalise vos pochettes depuis le début de votre carrière. Au passage, on remarque que l'artwork de l'EP « Aaliens » fait écho à celui de « Human Being » par la présence du même personnage central. Y-a-t-il un concept en commun qui relie ces deux œuvres ?

 

Jérémy : Oui, car au niveau visuel, quand Yohan est parti, on était encore en promotion de « Human Being ». On venait de sortir l'album il y a moins d'un an. On était encore en train de défendre notre nouvel opus lorsque Raphaël est arrivé et en même temps, on vendait du violoncelle sur scène. Il fallait quelque chose qui rappelle « Human Being » tout en y ajoutant de la nouveauté, c'est pour ça que l'EP avait toute sa place. C'est une transition entre le deuxième album et le troisième sur lequel on travaille actuellement et qui est presque fini. 

 

Rémi : Tu remarqueras qu'il y a un petit rapport avec le titre puisque entre « Human Being » et « Aaliens », il y a une sorte de cassure entre les deux. De la même manière qu'« Anti-Sublime » / « Sublimation ».

 

- Vous accordez une très grande place au visuel car votre dernier EP est sorti en vinyle et vous sortez régulièrement de nouveaux clips de plus de dix minutes. Pourquoi ?

 

Jérémy : C'est un EP, on voulait se faire plaisir. Ça change du format CD. Le précédent EP, « Sublimation », était sorti en clé USB édition limitée à 100 exemplaires car on aime l'esthétique, l'artistique et les beaux objets. Notre but, c'est de reconnaître Psygnosis dans les visuels d'Okiko et inversement. C'est une collaboration à vie, un travail d'équipe. Plutôt que de sortir un mug, une culotte, c'est-à-dire la recherche de l'originalité à tout prix dans le produit dérivé du merchandising qui n'a aucun rapport avec la musique (le disque est un produit dérivé il faut le savoir), autant lancer un vinyle. Ça a déjà plus de gueule. Au niveau du pressage, tu arrives à atteindre une qualité optimale quand tu fais un vinyle de metal qui dure vingt minutes avec deux faces de dix minutes chacune. C'est plus intéressant que de le faire pour un album de quarante-cinq minutes. Pour les clips, c'est du spectacle. On a un univers qui est un peu science-fiction et où il y a une certaine mélancolie alors avoir un visuel qui reste cohérent, ça me semble essentiel. 

 

- L'interview est terminée, merci beaucoup à vous tous ! Je vous laisse le champ libre. 

 

Jérémy : C'était de très bonnes questions, tu t'es bien renseigné ! Si c'est par rapport au GroFest, c'est vraiment rare qu'il y ait des événements bénévoles comme ça en France. Je pense qu'il en existera toujours mais ça mérite d'être soutenu parce que c'est des mecs qui prennent sur leur temps et ramènent Christian Andreu de Gojira et d'autres très bons groupes même si certains ont refusé et te font quand même des petits caprices. Ils y mettent du cœur et essaient de donner le meilleur pour tout le monde. J'espère que ce sera une réussite.

 

Anthony : L'accueil est royal ! Arriver à faire ça, c'est génial. 

Écrire commentaire

Commentaires : 0