Dawn Of Justice : Metalcore made in Pau !

Salut ! Vous vous êtes formés en France, à Pau plus précisément, et pourtant, on a l'impression que vous avez plus de sang et d'influences Américaines dans votre musique que n'importe quel autre groupe. Comment se porte Dawn Of Justice à l'étranger ?

 

Rémy : Ça, il faudrait qu'on soit à l'étranger pour le savoir !

 

Guillaume : C'est vrai qu'on a tourné un peu en Espagne, en Angleterre, en Italie mais aux Etats-Unis, on n'a encore jamais eu l'occasion de le faire. Au niveau du style qu'on joue et qu'on apprécie, on est en plein dans le metalcore avec toutes ses variations et ses mélodies très colorées. Pour l'instant, le gros de cette scène est aux USA, c'est pour cette raison qu'on a des influences Américaines. On aurait pas mal de contacts pour y jouer mais c'est une question de budget surtout. 

 

En janvier, vous aviez programmé une tournée de cinq dates au Royaume-Uni suivie de deux en Italie avec le groupe Kadinja. Peut-on en savoir plus ?

 

Rémy : En vrai, on n'a fait que trois dates puisque deux se sont annulées en Angleterre à cause de problèmes logistiques, de booking. Sinon, c'était effectivement avec Kadinja qui est une superbe formation, très sympathique, et qui devrait vite faire parler d'elle je pense.

A l'écoute de votre dernier EP « Adventears » publié en fin d'année 2015, le chant clair me rappelle un peu les dernières productions d'In Flames, ce qui donne vraiment un surplus d'identité à votre combo. Ça fait partie de vos influences ?

 

Rémy : C'est bizarre car In Flames ne fait pas partie de mes influences. Par contre, Cédric, le guitariste, aime ça et c'est lui qui compose la plupart de nos morceaux. C'est vrai que c'est quelque chose qui revient régulièrement comme comparaison et je ne comprends pas spécialement pourquoi. Même si je m'exprime par le biais du metal, j'en écoute peu et pourtant, mon timbre est souvent associé à celui d'Anders Fridén. C'est une coïncidence. 

 

Clairement, on peut dire qu'au niveau des ambiances et des riffs, la production est plus orientée atmosphérique, progressif voire djent que ne l'ont été vos anciens travaux. Quelle est la raison de cette évolution ?

 

Guillaume : Je pense que c'était un peu la suite logique dans la vie du groupe qui existe tout de même depuis 2008. Encore une fois, ça vient sûrement de Cédric qui s'est tourné là-dessus et qui a aussi découvert pas mal d'artistes hors-metal comme Tayko qui est plus dans l'ambient-électro. Il s'est plongé dans une atmosphère qui lui plaisait vraiment et c'était assez cohérent avec ce sur quoi on avait envie d'aller. L'arrivée de Rémy est venue confirmer un peu plus cette direction artistique dans sa façon de proposer des choses moins violentes et plus dans les émotions. Ça s'est fait naturellement, sans calculs. Du coup, ça annonce un peu la couleur qu'on retrouvera sur le prochain album sur lequel on est en train de travailler.

 

D'ailleurs, sur le premier opus, l'instrumental « Vents Solaires » s'y apparentait déjà un peu, non ?

 

Guillaume : C'est ça, c'est pour ça que ça s'est fait naturellement. On avait déjà une envie d'aller vers la mélodie, il suffisait juste de creuser davantage. On était arrivé à un moment où faire de la bagarre pour de la bagarre et de la mosh-part, ça ne nous suffisait plus. Sur « Vents Solaires » ou même « Superheroes », on retrouvait ces petits apports de mélodies, ces notes et c'est vrai que c'est ce qui nous identifie.

 

A ce propos, j'ai lu que vous projetiez de ré-enregistrer le titre « Superheroes » sorti il y a trois ans sur l'album « Seeds ». Pourquoi ce choix ?

 

Guillaume : En fait, c'est déjà fait. D'ailleurs, on l'a joué ce soir sous son ancienne version avec Rémy qui nous a rejoints il y a deux ans maintenant et qui a apporté énormément de choses au groupe dans sa capacité d'interprétation vocale. Du coup, c'est vrai que pour le set, « Superheroes » était très cool à ressortir. On l'a jamais publié mais au départ, c'était pour le film Batman V Superman pour le volet Dawn of Justice qui nous a relégués à la quatorzième page de google.

 

Rémy : On espérait surfer sur la vague et on s'est complètement loupé... C'est pas dit qu'on la sorte puisqu'on est pris par d'autres projets et qu'on manque de temps mais elle est là, elle existe. 

 

Concernant le visuel de la pochette de cet EP, j'ai lu certains commentaires qui l'assimilaient au Pic du Midi d'Ossau. Qu'est-ce que vous avez voulu représenter en fait ?

 

Guillaume : Il y a peut-être un petit côté du terroir oui (rires) 

 

Rémy : En fait, c'est très compliqué. On est sur un concept-EP qui va se traduire avec un concept-album basé sur la science-fiction. On est dans un univers post-apocalyptique, après les guerres nucléaires. Le noyau de la Terre est devenu instable et des îlots de terres flottent dans les airs. C'est le décor qu'on a voulu représenter sur notre jaquette. 

 

Un autre changement de taille, et non des moindres : la sortie de deux clips pour promouvoir les pièces « Duty » et « Styx » en 2015. C'était important pour vous de vous exprimer par le biais de la vidéo ?

 

Guillaume : Une fois de plus, c'était une idée à laquelle on n'avait pas pensé avant que Rémy n'intègre le groupe puisque c'est lui qui réalise tous nos clips.

 

Rémy : Je suis arrivé avec l'envie de poser une identité visuelle et de communiquer un maximum sur Dawn Of Justice. Lorsque je suis rentré dans le groupe, j'ai voulu mettre une image sur DOJ, ce qui était très délicat car ils n'avaient jamais trop fait de bilans. Ils ont eu le temps de s'imaginer et de ressentir des choses très différentes. J'ai débarqué au bout de leurs six années d'expérience en essayant de les faire converger vers une seule et même vision et ça a été très difficile.

 

Guillaume : Honnêtement, les deux premiers clips, c'est la meilleure vitrine qu'on est eût. A chaque fois qu'on les tourne, on se prend la tête mais au final, on est fiers de faire tout nous-mêmes et de privilégier le home-made même si ça demande un investissement et un certain recul.  

Néanmoins, à plus long terme, est-ce que vous mettre en relation avec un label serait une chose qui vous intéresserait ou bien préférez-vous écarter définitivement cette solution et rester dans l'auto-production ?

 

Rémy : C'est notre très grand débat en ce moment, on est en train de peser le "pour" et le "contre". Il y a certains membres qui commencent tout juste à se poser dans leur vie. Pour passer à la prochaine étape, il faudrait dépenser beaucoup d'argent ou alors passer plus de temps dans le groupe, ce qu'on n'est pas tous prêts à faire. Pour l'instant, on évite de se questionner sur ça et on se concentre sur l'album, nos clips. C'est un engagement très important. Les contrats des labels, en général, c'est sur cinq albums. 

 

Guillaume : En même temps, dans notre style, il y a énormément de concurrence, le marché est saturé. En fait, pour l'EP et l'album à venir, on avait démarché des labels et on a eu quelques retours pas très positifs. Le plus gros, c'était un label Américain et on a vraiment eu la sensation d'être de la chair à canon, de pas compter. Ça nous a beaucoup refroidis. Les gens étaient là pour distribuer l'album mais pas du tout pour nous accompagner. En revanche, si jamais on sent qu'on est en confiance et qu'il y a un vrai intérêt pour notre musique, pourquoi pas. Après, il faut pas se voiler la face. Surtout dans le metalcore, les maisons de disques sont surtout là pour vendre les disques et prendre leur part. 

 

L'interview est terminée. N'hésitez pas à vous exprimer si vous ressentez le besoin de vous exprimer une toute dernière fois !

 

Guillaume : C'était de la balle, merci Rodolphe ! 

 

Rémy : Au final, il n'y a pas beaucoup de gens qui sont prêts à vraiment nous écouter. On a eu pas mal de critiques, certaines assez positives et d'autres plus négatives sur l'EP alors qu'ils ne connaissaient rien de notre histoire, de notre concept. On nous assimile à plein d'autres formations qui ne sont pas forcément nos influences. C'est blessant. Systématiquement, on nous ressort les mêmes références : August Burns Red, In Flames et depuis que Northlane a explosé, ça n'arrête pas. C'est le jeu et on accepte la critique. Après tout, si l'on parle de nous en bien comme en mal, ça montre qu'on existe. 

 

Guillaume : En plus, on fait un procès au metalcore en disant que c'est toujours la même chose mais quand tu vois des genres comme le thrash et le death où les riffs sont les mêmes depuis trente ans (rires)... Nous, c'est une musique qui nous parle en tout cas.

Écrire commentaire

Commentaires : 0